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Dossier : Quels sont encore les obstacles à l'égalité hommes-femmes dans le sport ?

Coupe du monde de football, Tour de France féminin... L'actualité en matière de sports féminins ne manque pas cet été. Pourtant, si l'on compare aux évènements équivalents concernant les hommes, on se rend vite compte qu'il y a une différence flagrante de médiatisation des compétitions. L'occasion pour nous de comprendre dans quels domaines le sport doit encore s'améliorer concernant l'égalité homes-femmes.


À gauche, Wendie Renard, capitaine des Bleues qui participe actuellement à la Coupe du Monde en Australie et en Nouvelle-Zélande. À droite, Emma Jorgensen, coureuse danoise qui compte bien remporter le Tour de France 2023.


 

1. La question pas si évidente des salaires


Quand on pense aux inégalités qui subsistent entre les hommes et les femmes, la question des salaires est un sujet récurrent. Ce sujet est encore plus légitime dans le sport, où les salaires pharaoniques de certains athlètes masculins nous ferait oublier que les femmes ne bénéficie pas vraiment du même traitement de faveur. Le tableau ci-dessous représente les différences de salaires annuels entre les sportifs masculins et féminins les mieux payés pour 5 sports populaires :


​Football

​Cristiano Ronaldo

​136 millions de dollars (=124 millions d'euros)

​Mai 2023

​Capital

​Carli Lloyd

​495 000 euros

​Janvier 2023

​Sports Management School

​Tennis

​Roger Federer

90 millions de dollars (=82 millions d'euros)

Juin 2023

​Statista

Naomi Osaka

​60 millions de dollars (=54 millions d'euros)

​Septembre 2021

​Forbes

Basket-ball

​LeBron James

​119 millions de dollars (=108 millions d'euros)

Avril 2023

​Basket USA

​Sue Bird

2,83 millions de dollars (=,2,57 millions d'euros)

​2020

​Sportpedia

​Rugby

​Charles Piutau

​1,16 millions d'euros

​Décembre 2022

​Figaro

Aucune donnée

​Golf

​Phil Mickelson

​135 millions d'euros

​Août 2022

​20 minutes

Jin Young Ko

​7,5 millions de dollars (= 6,8 millions d'euros)

​Janvier 2022

Forbes

Cette recherche nous permet de constater plusieurs facteurs intéressants. Tout d'abord, nous pouvons constater les différences importantes de revenus selon les sports (par exemple, Naomi Osaka a empoché 60 millions d'euros sur l'année 2021, contre 495 000 euros pour Carli Lloyd sur l'année 2022). De plus, on peut constater que la différence de revenus est plus où moins grande entre les athlètes masculins et féminins selon les sports. Dans le football, cet écart est de 135 505 000€, tandis que dans le tennis, il n'est "que" de 30 000 000€. Enfin, notons que les femmes faisant du rugby ne présente qu'un statut amateur, elles ne perçoivent donc aucun salaire pour leurs efforts. Quoi qu'il en soit, cette expérience nous a permis de nous rendre mieux compte des différences salariales énormes entre les hommes et les femmes dans le sport.


Wikimedia Commons

Le joueur de football le mieux payé, Cristiano Ronaldo a un salaire qui est près de 275 fois supérieur à son homologue féminin Carli Lloyd.


 

2. La médiatisation des compétitions sportives


C'est un sujet légitime, notamment en cette période de Coupe du monde de football féminin où l'on peut se rendre compte davantage de la différence de médiatisation en comparaison avec la compétition masculine. Cette sensation est confirmée par les chiffres de l'Arcom, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. Les résultats de l'étude sont synthétisés dans le graphique ci-dessous :


On constate que les compétitions masculines sont très largement diffusées, bien plus que les compétitions mixtes où féminines. On peut cependant remarquer une amélioration entre 2018 et 2019 concernant le volume horaire consacré aux femmes, bien que celle-ci semble être en régression en comparaison avec 2021 (l'année 2020 faisant figure de cas exceptionnel à cause du Covid-19). Cependant, d'autres données sont plus encourageantes : en effet, selon Le Figaro, le taux de femmes journalistes ou chroniqueuses dans les médias de sport a doublé entre 2019 et 2020, passant de 9 à 18%. Ce genre d'éléments contribuent donc à la féminisation du sport, car on sait que les médias jouent un rôle prépondérant dans la vision que nous avons du sport.


Wikimedia Commons

Estelle Denis est l'une des premières journalistes sportives à s'être imposée dans ce monde très masculin.


 

3. La mise en avant des sportives


Faisons un test : tout d'abord, êtes-vous capable de citer 5 joueurs de l'équipe de France masculine de football ? Et maintenant, pouvez-vous faire de même avec l'équipe féminine ? Il est très probable que vous soyez parvenus à citer plus de footballeurs que de footballeuses et cela est principalement dû au manque de mise en avant des profils féminins dans les médias, qui se concentre plus sur les profils masculins. Cependant, notons que d'après Le Figaro, le taux d'intervenantes sur les plateaux de sport est passé de 15 à 23% entre 2018 et 2019, ce qui est une statistique plutôt encourageante.


Wikimedia Commons

Laure Manaudou est une nageuse qui est parvenue à se faire une image dans le monde de la natation.


4. La réglementation du sport pour les femmes dans certains pays


Il est bon de rappeler que toutes les femmes du monde n'ont pas accès au sport encore aujourd'hui. En effet, fin 2021, le régime taliban qui gouverne l'Afghanistan a interdit toutes pratiques sportives aux femmes, qui ont déjà perdu la plupart de leurs droits fondamentaux. Ainsi, nous pouvons nous apercevoir que l'accès au sport est aussi un indicateur des droits humains dans certains pays, comme c'est le cas ici. On peut également cité l'exemple des îles Tonga, un archipel dans le sud du Pacifique, dans lequel il est interdit pour les femmes de pratiquer de la boxe et du rugby depuis 2018. L'opposition avait été virulente, notamment par l'intermédiaire de Valerie Adams, championne olympique de lancer de poids originaire des îles Tonga. La double médaillée d'or olympique et quadruple championne du monde avait déclarée :

Avec cette façon de penser, une Tongienne fière comme moi ne pourrait atteindre le rang que j’ai atteint dans ce monde.

Dernier exemple plus ambigu cette fois : l'Arabie Saoudite qui n'a malgré tout jamais vraiment officialiser une quelconque interdiction pour les femmes de pratiquer du sport, mais qui n'a cependant jamais envoyé d'athlètes féminines aux Jeux Olympiques. L'ONG Human Rights Watch dénonce "une politique discriminatoire systématique à l’encontre des femmes dans les domaines du sport et de l’éducation physique" mené par le gouvernement saoudien. En effet, les filles n'ont pas l'autorisation de suivre des cours d'éducation physique dans les écoles d'État. Notons aussi qu'une seule organisation sportive est dotée d'équipe féminine en Arabie Saoudite : les basketteuses de Jeddah United.


Wikimedia Commons

Valerie Adams, championne olympique de lancer de poids, c'est opposée au gouvernement tongien qui a interdit la pratique de rugby et de boxe aux femmes.


5. Les stéréotypes, un frein qui ne date pas d'hier


Enfin, les stéréotypes pourraient représenter à eux seuls les raisons des inégalités entre hommes et femmes dans le sport. Et si certains seraient tentés de penser qu'ils ont tendance à faiblir avec le temps, une étude de l'Insee datant de 2017 nous rappelle que seul 20% des personnes participant à des sports collectifs sont des femmes, ce qui témoigne sans aucun doute d'une certaine difficulté pour elles d'être accepter dans ce genre de disciplines. Conséquence, l'Insee pointe du doigts une pratique moins régulière du sport chez les jeunes femmes que chez les jeunes hommes : en effet, tandis que la moitié des femmes de 16-24 ans pratique au moins une activité sportive dans l'année, cette statistique grimpe à 63% chez les hommes, ce qui montre un déséquilibre important entre les sexes. Le graphique ci-dessous nous permet de nous rendre mieux compte des inégalités qui persiste dans certains sports chez les plus jeunes :


Ces 5 exemples, certes caricaturaux, nous permettent cependant d'observer la présence de sports genrés, tels que le foot et le rugby pour les garçons, ou bien la gymnastique et la danse pour les filles. De telles proportions contribuent encore aujourd'hui à alimenter les stéréotypes.


Pixabay

Une jeune fille jouant au foot.


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